Voici une présentation du Shu Katsu au Japon, aussi connu sous le nom anglais de Job Hunting. Une période d’environ un an consacrée à la recherche d’emploi.
Je vous invite à lire l’interview de Saki Minowa réalisée au début de son job hunting. Vous y découvrirez ainsi l’intérieur de ce processus
En ce 1er avril 2013, beaucoup de jeunes diplômés japonais vont commencer leur première journée de travail dans une entreprise japonaise. Ça y est, après une année de recherche d’emploi et une dernière année d’études, ils vont commencer leur carrière professionnelle. Mais voyons voir comment ils ont pu trouver leur emploi.
Shu Katsu ou Job Hunting : c’est quoi ?
Au Japon, les études en université, pour une licence, durent 4 années. Au cours de ces années, vous êtes formés en fonction de la branche d’études que vous avez choisies. L’année universitaire commence le 1er avril et se termine en mars, afin de coïncider avec le printemps et ses sakura, symbole du renouveau.
Au cours de la 3ème année d’études, à compter du mois de décembre, les étudiants doivent se lancer dans la recherche de leur premier emploi. Cette recherche est extrêmement codifiée avec beaucoup de règles à respecter. Pour la majorité des étudiants, elle prendra une année. Au cours de la 4ème année d’études, les cours sont allégés et les étudiants doivent finir leurs derniers dossiers. Certains en profitent même pour voyager avec leurs camarades de classe. Mais cela est permis que s’ils ont obtenu une promesse d’embauche.
Je vous propose de vous présenter ce processus de recrutement qui permet à une majorité de jeunes diplômés d’obtenir un emploi avant même d’avoir finis leurs études.
Le job hunting : un véritable parcours du combattant.
Tous les ans au Japon, le 1er décembre, les entreprises dévoilent leurs offres d’emploi pour la prochaine session de Shu Katsu. C’est une date attendu par tous les étudiants de 3ème année d’université. Voici donc le processus d’une année, en général, que vont suivre ces jeunes en quête d’un emploi :
– Séminaires d’introduction à la recherche d’emploi : ces séminaires commencent en Octobre et sont tenus par les universités afin de préparer au mieux leurs étudiants. Durant ces séminaires, tout y est traités : comment rédiger sont CV, ses lettres de motivations, comment s’habiller, comment parler, …
– Annonce des offres d’emploi s : les annonces sont faites, par la plus grande majorité des entreprises, le 1er décembre à minuit via Internet. La majorité des grandes entreprises se sont mises d’accord pour respecter le même processus et les mêmes dates d’embauche.
– Le début des recherches : chaque étudiant doit maintenant se préparer en faisant des recherches avancées sur les entreprises qui l’intéresse. Une véritable chasse au trésor. Celui qui maitrise le mieux sont sujet aura plus de chance d’être récompensé.
– Les séminaires d’entreprises : des séminaires ont lieu un peu partout, durant lesquels les entreprises viennent présenter leurs offres et essayent d’attirer les postulants. Les candidates se compter en dizaines de milliers à chacun de ces séminaires géant. Durant ces séminaires, les entreprises dévoilent des informations qu’il est impossible de trouver ailleurs. Les étudiants se doivent de s’y rendre.
– SPI test : un test national (d’autre test sont disponible et dépendent des demandes des entreprises) que les étudiants peuvent passer afin d’évaluer leurs connaissances sur plusieurs thèmes (anglais, mathématiques, japonais, …). Il suffit de la passer une seule fois et d’envoyer ses résultats aux entreprises, en même temps que l’acte de candidature. Meilleur seront les résultats et meilleurs seront les chances de réussite. La majorité des étudiants révisent beaucoup pour ces tests.
– Personality check test : certaines entreprises demandent aux étudiants de passer un test afin d’évaluer leur personnalité.
– Test TOEIC ou TOEFL : des entreprises vont demander aux étudiants de passer le TOEIC ou le TOEFL avec des paliers de scores à obtenir. Par exemple, l’entreprise Rakuten réclame un score de 800 points sur 990.
– Envoi de l’acte de candidature : c’est le moment crucial. L’étudiant a défini les entreprises auxquelles il veut postuler. Maintenant il doit envoyer son CV, sa lettre de motivation, une Entry Sheet (raisons de la candidature dans l’entreprise, les points forts de l’étudiant, motivations et présentation de l’étudiant) et les résultats de ses tests. C’est avec cela que l’entreprise décidera de poursuivre avec l’étudiant ou non.
– Entretiens de groupe : si l’étudiant passe avec succès les étapes précédentes, il sera convoqué à une série d’entretiens de groupe. En général il y à 2 ou 3 recruteurs pour 5 ou 6 étudiants. Ces entretiens peuvent être menés 2 fois si l’entreprise l’a décidé. Il s’agit de discussion de groupes avec les autres étudiants. Ces entretiens peuvent commencer en mars ou avril, selon les entreprises.
– Entretien individuel : Si l’étudiant passe les entretiens de groupes avec succès, il sera convoqué à une série d’entretiens individuels. C’est la dernière ligne droite. Ces entretiens sont au nombre de 3 à 8 selon les entreprises, en général. C’est un face à face entre l’étudiant et 1 ou 2 recruteurs.
– Entretien final : la dernière étape. Ici l’étudiant aura un entretien qui déterminera définitivement s’il sera embauché ou non.
– La promesse d’embauche : une fois la décision prise, l’étudiant reçoit une promesse d’embauche. Ca y est le processus est finit.
Comme vous pouvez le constater, le processus de recrutement est très long au Japon. Il est décrit pour une seule entreprise, alors si les étudiants postulent à des dizaines d’entreprises, ils devront le faire pour chacune d’entre elles. Imaginez vus aller à des entretiens pour 20 ou 30 entreprises. C’est ce que la majorité des étudiants de 3ème année d’université au Japon réalise. Certains postulent même à beaucoup plus d’entreprises que cela. C’est une question de choix et de stratégie propre à l’étudiant.
Nous avons vu les étapes pour trouver son premier emploi au Japon, lorsque l’on est un étudiant. Maintenant passons donc aux éléments nécessaires.
Ce qui est nécessaire pour un bon Shu Katsu
Au Japon, beaucoup de choses sont très réglementées. Le Shu Katsu en fait partit. Il est hors de question d’aller le faire sans suivre les règles de bases. Un étudiant qui ne suivrait pas les basiques ne sera jamais recruté. Les entreprises font cela afin de contrôler la capacité de l’étudiant à suivre les règles du groupe, de l’entreprise et de la société et ainsi à se fondre dans le moule. Voici donc ce qu’il faut acquérir pour un bon job hunting au Japon :
– Livre spécialisé dans les entreprises : Ce sont des ouvrages réalisés soit pour les femmes soit pour les hommes et qui présentent les entreprises qui recrutent. Dans ces ouvrages, on y retrouve des informations essentielles au job hunting : informations de bases sur l’entreprise, moyenne d’années travaillées dans l’entreprise par les employés, pourcentage de démissions après 3 ans, le nombre de congés payés par an, les avantages en nature, le pourcentage de mariage dans l’entreprise, les dates clés du job hunting, les salaires et bonus, … Ces livres contiennent plusieurs milliers d’entreprises recrutant. Il est bon de noter que seules les informations positives sur l’entreprise sont présentées dans ces livres, car elles sont communiquées par les entreprises.
– Des photos portraits : des photos personnelles au format portrait de l’étudiant. Il en faut au moins une par entreprise et acte de candidature. En général, les étudiants vont voir des photographes professionnels spécialisés dans le domaine du métier pour lequel l’étudiant veut postuler. Il y à donc des photographes pour chaque branche d’activité et ils savent exactement quelle genre de photos les entreprises veulent. Il est possible de faire les photos en machine mais beaucoup pensent qu’elles ne sont pas adaptées.
– Le recruit suit : un « uniforme » des chercheurs d’emplois. Tous les candidats se doivent de porter le même style de vêtements. Pour les filles il s’agit d’un tailleur noir, pantalon ou une jupe descendant au-dessous des genoux, un chemisier blanc à manches longues, un sac à main, un manteau, une paire de chaussure noire. Pour les hommes il s’agit d’un costume de couleur noir avec une chemise blanche et une cravate marine ou rouge, le tout accompagné par des chaussures noires. Pour les 2 sexes, les cheveux se doivent d’être de couleur noir et coiffé correctement.
Voila donc pour les basiques à suivre pour se lancer dans un Shu Katsu au Japon. Mais tout cela à un coût. Je vous propose donc de l’analyser ensemble.
Le job hunting au Japon : ça coûte cher
J’ai réalisé l’interview de Saki Minowa dans le cadre de son Sha Katsu. J’en ai profité pour lui demander le coût de cette recherche d’emploi. En voici les détails :
– Livre sur le recrutement : 1857 Yen
– 3 tailleurs à 29,000 yen chacun : 87,000 Yen
– 1 sac à main : 7,000 Yen
– 1 paire de chaussure : 6,000 Yen
– 1 manteau : 25,000 yen
– 6 chemisiers blancs à 1980 Yen : 11,880 Yen
– 20 photos à 630 Yen les 5 : 2520 Yen
– Coupe de cheveux : 10,000 Yen
Elle en a donc eu pour 151,257 Yen (soit environ 1250 euro). Mais a cela il faudra ajouter les transports, les différents tests payant à passer et beaucoup d’autres éléments. Cela représente un sacré investissement.
Afin de mieux vous rendre compte de ce qu’est un Shu Katsu au Japon, je vous propose de visionner la vidéo d’une jeune étudiante. Une animation caricaturale retraçant ce processus. Cette vidéo à fait le buzz sur le net japonais et a été visionné plusieurs centaines de milliers de fois :
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Et vous, que pensez-vous de ce processus de recrutement ? Aimeriez-vous l’essayer ? Pensez-vous que vous en seriez capable ?



